Author Archives: Comité ZAD Rennes

revue de presse du 9 novembre

Tracts en cas d’expulsion ou de travaux

Des tracts sont fins prèts à être imprimer dès le premier jour des travaux et/ou expulsions de la zad! Si besoin, le texte original est disponible plus bas.

Pour le rendez vous de St anne le premier soir des expulsions : tract-expul-stanne

Pour n’importe quelle action de défence de la zad : tract-expul

Texte brute :

 Alors que les tentatives d’expulsions reprennent à Notre Dame des Landes, les comités de soutien à la Zone À Défendre se mobilisent pour faire pression sur le gouvernement, au moyens de manifestations, de blocages, d’occupations…

    Mais c’est quoi déjà leur projet d’aéroport ?
Juste un bétonnage de terres agricoles en plus ? Un génocide de tritons crêtés et d’autres espèces protégées ? Pas seulement, c’est aussi un gaspillage d’argent public, un énième projet au service de la relance qui voulait sauver la relance qui voulait sauver la relance… d’une économie qui n’en finit pas d’agoniser.
    Pourtant, on vit mieux à la Zad qu’ailleurs : cette zone libérée de l’État permet de nouvelles formes d’expérimentations politiques, accueille celles et ceux qui fuient ce monde. Chacun et chacune y dort sous un toit et mange à sa faim. On peut y vivre sans argent et sans être dans le besoin. La terre est mise en commun et une multitude de pratiques agricoles y fleurissent. Il s’agit d’avoir une prise directe sur nos vies et nos aspirations. Ne vous méprenez pas, la Zad n’est pas un bocage isolé en pleine campagne, elle est bouillonnante de vies et d’activités libres et choisies: artisanats, concerts, bibliothèques, etc.
    « Ici, pas de martyr, rien que du plaisir ! » peut-on lire sur le mur d’une maison à l’orée de la Zad.

    C’est précisément parce que la Zad démontre qu’une autre vie est possible que l’État ne supporte pas son existence. Il y a eu la couche de vernis pseudo-démocratique de la consultation et maintenant le gouvernement tente de retrouver un semblant d’autorité en parlant de zone de non-droit et en envoyant ses machines de guerre réprimer, expulser, raser, bétonner.

    Parce que la Zad est devenu le symbole d’un monde désirable, nous sommes des dizaines de milliers à répondre à l’appel pour la défendre, partout.

A vos rotors

Conseils de la commission juridique du comité zad

Présentation de la commission juridique du comité zad de rennes

Le comité ZAD de Rennes, créé à la fin de l’automne 2015, s’est relancé il y a peu, du fait des sérieuses menaces d’expulsions de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes. Sa vocation à prendre part, sur Rennes, aux actions et manifestations de soutien à la ZAD a exigé la création d’une commission antirépression et juridique.

Parce qu’elles ne devraient pas rester exclusivement aux mains des spécialistes du droit, nous proposons une réappropriation collective des stratégies de défenses et des questions juridiques, afin d’assurer un rapport de forces permettant de rompre l’isolement face aux différentes instances répressives.

Fonctionnement et objectifs

La commission juridique se donne plusieurs objectifs, dont la diffusion la plus large possible de conseils juridiques et de pratiques à adopter collectivement afin de se préparer et de se défendre politiquement contre les différentes instances répressives.

La commission est un espace largement rejoignable où nous proposons que son travail puisse être développé et réapproprié au sein des assemblées, des organisations et des groupes politiques, ainsi que de proche en proche.
C’est ainsi que des préconisations de base, pour enrayer la machine judiciaire, peuvent facilement circuler et se répandre comme autant de réflexes nécessaires à la défense de nos luttes (se masquer en manifestations et lors d’actions, soutenir le refus de signalétique, ne rien déclarer en garde-à-vue, n’y signer aucun document, etc.)

Une partie du travail de la commission, en lien avec les avocats, est le suivi juridique de chaque personne interpellée qui le souhaite, afin de construire le plus possible des stratégies collectives de défense au tribunal.

Outre ces suivis, il est très important d’organiser des événements de soutien tels que des concerts ou les jeudi de l’antirep’, cantines hebdomadaires dont les bénéfices sont entièrement dédiés aux besoins financiers que génère la répression (payer les avocats, les amendes, frais de justice, etc.) afin de nourrir les caisses de solidarité aux personnes inculpées.

Mais la majeure partie du travail à assumer doit être effectuée en amont de toute interpellation. En effet, il est important, avant de partir défendre la ZAD ou de participer à une action, de connaître les règles de la procédure pénale afin de mieux évaluer quand et comment on peut les contourner : savoir ce qu’est réellement une garde à vue et ce qu’on peut y vivre, ce qu’est une comparution immédiate, ce qu’implique son refus et le renvoi du procès, comment bien préparer ce refus et le procès à venir, etc.

La commission diffusera ce travail d’information via des productions écrites sur les sujets évoqués plus haut (et aussi bien d’autres!), ainsi que lors de permanences régulières et des événements publics (des idées commencent à venir).

Enfin, la commission se donne aussi le rôle de faire parvenir, à la Legal Team de la ZAD ou aux avocats rennais, les garanties de représentation préparées par les personnes qui partiront sur zone ou s’impliqueront dans un mouvement de soutien à Rennes.

Garanties de représentation

Il paraît important de préciser ici ce que sont ces garanties de représentation, à quoi elles servent et comment les faire parvenir depuis Rennes à la personne interpellée.

A l’issue d’une garde à vue, si l’on est présenté devant un juge dans le cadre d’une comparution immédiate, il est plus que conseillé, lorsque le juge demande si l’on est d’accord pour être jugé immédiatement, de refuser et demander le report afin de pouvoir préparer correctement sa défense. Les rendus des comparutions immédiates, à Rennes en particulier, sont assez catastrophiques, avec des peines très lourdes qui auraient pu être évitées en refusant la compa’ pour prendre le temps de préparer le procès.
Ce qui pousse parfois des personnes, même sensibilisées à cette question, à accepter la comparution immédiate, c’est le spectre de la détention provisoire. Celle-ci est la décision du juge de garder la personne inculpée en prison pendant le temps qui précède sont procès. Ce qui motive un juge à prendre cette décision, c’est son manque de confiance dans le fait que la personne se présente bien à son procès s’il la libère.
L’un des moyens pour tenter d’éviter cette détention est d’apporter au tribunal, à l’issue de la garde à vue, certains papiers bien précis que l’on appelle donc des garanties de représentation. Ce sont des papiers qui font acte de la bonne insertion sociale de la personne inculpée. Ils sont là pour « rassurer » le juge.

Très concrètement, ces papiers sont les suivants :
• une photocopie de carte d’identité de la personne inculpée
• un justificatif de domicile de moins de 6 mois, comme par exemple une quittance EDF

(si la personne n’a pas de domicile à elle, elle peut fournir une attestation d’hébergement des personnes qui l’accueillent. C’est un document manuscrit qui dit : « Je soussigné X, déclare sur l’honneur héberger …Y… à titre gratuit à mon domicile situé …adresse…, depuis le ou à compter du … date… pour une durée de….ou … indéterminée ». Suivi de date et signature et accompagnée d’une photocopie recto-verso de la pièce d’identité de la personne qui atteste et d’un justificatif de domicile récent à son nom. Idéalement, il se termine par une mention du style : « j’ai connaissance que ce document est établi pour être produit en justice et qu’une fausse déclaration m’exposerait à des sanctions pénales »)

•le cas échéant, des papiers qui attestent d’une activité professionnelle : contrat de travail, bulletins de salaire, certificat de scolarité, attestation d’implication dans une association, promesse d’embauche, certificat de scolarité de vos enfants.

Pour la promesse d’embauche, il est écrit : « je soussignée X, déclare m’engager à employer Y à compter du … date … en qualité de… pour une durée déterminée de… ou indéterminée, au sein de l’association/ la société / l’exploitation agricole… dont je suis le/la gérant.e/ directeur.trice/ responsable de… ». Ce papier est également accompagné d’une photocopie de pièce d’identité. Si un tampon un peu officiel y est apposé, c’est encore mieux !

Proposition d’organisation

X prépare ses garanties de représentations avant de s’impliquer dans une action, une manifestation, ou de partir sur la ZAD, en papier ou de préférence sur une clé USB.
X confie ses garanties de représentation ainsi que le numéro de téléphone de la commission juridique du comité ZAD de Rennes à une personne en qui il/elle a confiance (appelons-la Y) et qui accepte d’assumer le rôle qu’il/elle lui propose.
Si X est interpellé.e, il/elle fait valoir son droit en garde-à-vue à passer un appel (il/elle aura pris le soin d’apprendre par cœur le numéro de téléphone de Y). X devra présenter la personne à joindre comme une personne de sa famille, son/sa colocataire, ou son/sa concubin.e, sans quoi les flics risquent de refuser (ils refusent parfois tout appel).
Lorsque Y est prévenu.e que X est en garde à vue, il/elle appelle le numéro de la commission juridique, ou lui envoie un mail (voir l’adresse et le numéro plus bas) pour fixer un rendez-vous.
A ce rendez-vous, Y confie les garanties de représentation aux personnes de la commission qui les garderont jusqu’à les amener au tribunal le moment venu (s’il s’agit d’une interpellation à Rennes), ou jusqu’à les envoyer à la Legal Team de la ZAD (s’il s’agit d’une interpellation sur la ZAD).

ATTENTION : lorsque vous contactez la commission juridique demandez simplement un rendez-vous pour se voir, nous conviendrons ensemble d’un lieu (mieux vaut ne rien dire au téléphone). Par ailleurs, il est très important que les documents de ce dossier ne soient pas incohérents avec ce que la personne interpellée aura déclaré en GAV. Il est donc nécessaire qu’une discussion ait eu lieu entre X et Y afin de préciser quelle posture X pense avoir en GAV. Il est nécessaire qu’avant chaque action (si possible), une discussion ait lieu entre X et Y. !

Numéro : 07.53.57.57.62

mail : czr-juridique CHEZ riseup.net

 


 

A lire en pdf :

commission-antirep-czr

Apéro pour la victoire de la zad

Jeudi 10 Novembre 18h30 au Vieux Saint-Étienne

Pour ne pas attendre les bras croisés l’expulsion de la zad, on propose de lever le coude !

apero

 

L’État va peut-être se trouver une porte dérobée pour s’épargner une intervention sur la zad : son représentant le rapporteur public dans le procès en appel des recours environnementaux portés par le mouvement anti-aéroport, rejetés en première instance en 2015, devrait demander l’annulation de certains arrêtés préfectoraux autorisants les travaux.

Quel que soit le résultat du procès, il est clair que c’est d’abord la détermination du mouvement à résister sur le terrain qui a empêché l’aéroport d’être mis en service en 2017, comme le prévoyait le planning initial de ses promoteurs.

Pour réaffirmer cette détermination à ne pas laisser détruire le bocage et à faire vivre la fantastique expérience qu’est la zad, nous invitons à partager un verre ce jeudi à 18h30 au Vieux St-Étienne.

Que va-t-il se passer à Rennes les premiers jours de la tentative d’expulsion ?

Pour savoir ce qui est prévu à rennes le jour les flics débarquent sur la ZAD, lisez cette petite BD :

agenda1

agenda-2-2

à télécharge en pdf :

agenda-recto-verso-a4


version texte :

 

Le jour de l’intervention

18h30, rassemblement place Sainte Anne

Le lendemain

7h30, action, rdv métro république

12h30, AG à la fac Rennes 2

Le sur-lendemain

7h30, pour une nouvelle action

Les jours qui suivent

AG, action, manif etc., jusqu’aux retraits des troupes !

 

 

 

A Rennes, les interdictions de manifester pleuvent [Mediapart 12 octobre 2016]

Mediapart 12 octobre 2016 | Par Karl Laske

Entre les arrêtés préfectoraux et les contrôles judiciaires, près d’une cinquantaine d’opposants à la loi sur le travail sont désormais interdits de séjour au centre-ville les jours de manifestation. Les auteurs de tags ou de dégradations mineures ont été ciblés. Certaines mesures d’interdiction sont élargies aux rassemblements contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

À chacun son enveloppe. À Rennes, l’État a débloqué 600 000 euros pour dédommager les commerçants du centre-ville dont le chiffre d’affaires a été défavorablement impacté par les manifestations des opposants à la loi sur le travail – une « première », selon la maire socialiste Nathalie Appéré ; tandis qu’en ville, les policiers tournent à la recherche du lieu de résidence des opposants, pour leur remettre sous enveloppe de nouvelles interdictions de manifester prises par le préfet. D’importants moyens ont été engagés par le parquet pour identifier et cibler les auteurs de tags ou de dégradations survenues au printemps. Et plusieurs opérations de police ont été conduites, en septembre, afin d’interpeller des militants.

Entre les arrêtés préfectoraux et les contrôles judiciaires consécutifs aux poursuites engagées en marge des manifestations, près d’une cinquantaine d’opposants à la loi sur le travail sont désormais interdits de séjour au centre-ville en cas de manifestation. Pour faire bonne mesure, ces interdictions comprennent les rassemblements contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Fin mai, le procureur de la République, Nicolas Jacquet, s’est illustré en poursuivant pour « association de malfaiteurs » les jeunes auteurs des dégradations des bornes de compostage du métro, lors d’une journée d’action contre la loi sur le travail, et en requérant le placement en détention de 18 d’entre eux. Il s’appuyait notamment sur un rapport de police fumeux, intitulé Éléments d’information sur les membres de l’extrême gauche rennaise. Concomitamment, le vice-président du tribunal, Nicolas Léger, a ordonné la détention provisoire de quatre jeunes étudiants sans casier, après une bagarre sans gravité survenue dans un restaurant Bagelstein.

Des arrêtés pris en septembre par le préfet d’Ille-et-Vilaine Christophe Mirmand prouvent que la police a continué son travail de renseignement durant l’été, sous le contrôle du parquet, afin de neutraliser plus de militants. Le 14 septembre, une opération de police dans un appartement en colocation a visé trois d’entre eux. « Vers seize heures, la police a bloqué la rue, avec trois fourgons et quatre voitures, et ils sont entrés dans l’appartement avec un bélier et un bouclier, raconte un proche. Il y avait cinq, six enfants de 2 à 4 ans à la maison. »

Placé en garde à vue, François se voit reprocher « d’avoir inséré de la mousse expansive » dans une borne de compostage du métro, le 31 mai. Il a été identifié par la police, près de quatre mois après les faits, sur la base de photos extraites de films de vidéosurveillance. La police lui reproche aussi d’avoir « pénétré sans autorisation dans un espace affecté à la conduite d’un train »… le 22 juillet 2012. Une fraude dans le train, vieille de quatre ans, qui était restée sans suite. « Les policiers sont revenus deux jours plus tard avec une liste de pièces à trouver, poursuit le proche. Des vêtements, des sacs, des chaussures. Ils ont pris les chemises bleues. Un sac Quechua. »

Renvoyé au tribunal pour répondre de la dégradation d’une borne de compostage, François est placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès, fixé le 22 novembre. Il doit se présenter une fois par semaine au commissariat et, surtout, « s’abstenir de participer à toute activité sociale ayant pour objet une manifestation publique » ! Autant dire à toute activité politique… comme l’un de ses amis, poursuivi pour des tags. « Je me pose la question de la proportionnalité des moyens engagés pour des infractions qui ne sont pas si graves que ça, souligne Me Delphine Caro, l’avocate de François. Si l’on commence à placer sous contrôle judiciaire tous ceux qui taguent en ville, la justice ne pourra pas suivre. »

Lors de son interpellation, les policiers remettent aussi à François une enveloppe contenant l’arrêté d’interdiction de séjour pris par le préfet Mirmand. Ce document mentionne encore d’autres faits retrouvés dans les archives des services de renseignement. Selon l’arrêté, François « s’est déjà illustré, dans le passé, par sa participation à des manifestations revendicatives violentes ». Ainsi, « il a été interpellé à Milan le 28 avril 2015 pour “occupation illégale d’un terrain” dans le cadre du dispositif de sécurisation de la ville de Milan (Italie) mis en place au regard de la forte mobilisation contestataire prévue à l’occasion de l’inauguration de l’exposition universelle le 1er mai 2015 ». Une interpellation pourtant restée sans suite.

L’arrêté du préfet prononce l’interdiction de séjour de François dans les rues du centre-ville de Rennes « les jours de manifestations contre la loi dite El Khomri, contre les violences policières, contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes », ainsi que « de paraître » sur l’itinéraire de cortèges formés depuis l’université de Rennes 2 sur les mêmes mots d’ordre. « La violation de cette interdiction est punie de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende », avertit le préfet. Les recours engagés contre ces arrêtés devant le tribunal administratif ont été rejetés au motif qu’aucune manifestation n’était prévue à la date de l’audience. En revanche, l’interdiction est prononcée pour une période qui s’étend jusqu’à la fin de l’état d’urgence, reconduit six mois jusqu’au 21 janvier prochain. Un nouveau rassemblement contre la loi sur le travail a été, depuis, annoncé le 18 octobre à Rennes.

Un autre militant, interpellé le 6 mai lors d’un blocage devant la société Keolis, qui exploite les réseaux de bus et métro rennais, s’est vu reprocher « un feu de palettes », « palettes qu’il avait dérobées le 5 mai dans le magasin Carrefour city du quartier Villejean ». Placé en garde à vue le 14 septembre, il est ressorti sans suite, mais un arrêté d’interdiction de séjour a été pris à son encontre : « Il convient d’écarter M. Frédéric E. des manifestations et rassemblements sur une partie du territoire de la commune de Rennes jusqu’à la fin de la période en cours de l’état d’urgence, en raison des troubles à l’ordre public que sa présence comporte », écrit le préfet Mirmand.

« Toutes les personnes mises en cause reçoivent des interdictions administratives », commente une militante. L’une de ses amies a été perquisitionnée et placée en garde à vue, début septembre, pour deux tags faits dans le métro, le 31 mai et le 23 juin. Elle a reçu, elle aussi, son interdiction de manifester. « Un autre camarade a été en garde à vue pour des tags et une fraude à un péage qui remontait à quelques années, poursuit-elle. La police lui reprochait des tags faits pendant la manif de la ZAD [la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes – ndlr], le 6 février à Rennes, et d’autres faits lors de la manif du 23 juin. Ils lui ont dit : “C’est vous qui êtes déguisé en rhinocéros ?” Et ils lui ont présenté plein de photos de tags, en lui demandant lequel il avait fait… » Les militants ont, dans la plupart des cas, fait le choix de refuser de répondre à la police.

Des interdictions administratives ponctuelles ont aussi été remises. « Les visites de la police sont devenues très fréquentes, explique un militant. Tellement qu’il y a des techniques d’esquive. Quand les flics passent, on évite de dormir chez soi. Et avec la mobilisation qui s’annonce sur la ZAD, tout le monde essaie d’esquiver les interdictions administratives. » Il est arrivé qu’une patrouille de police fasse le tour des cafés pour remettre l’enveloppe d’interdiction à une militante.

Hélas, l’activisme de la préfecture et du parquet ne vaut pas lorsque les violences sont imputables aux forces de l’ordre. Le porte-parole de Solidaires 35, Serge Bourgin, frappé et menacé par des policiers de la BAC le 29 mai, en marge d’une manifestation, a été entendu à deux reprises en septembre par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Sur des images de France 3 et de TV Rennes, on voit le syndicaliste coincé entre deux voitures par des policiers, recevoir deux coups de poing puis des menaces d’un policier – sur TV Rennes, dans l’émission « Du Buzz et débat » du 31 mai (voir ici à 25 minutes). « J’ai été surpris par l’interrogatoire du policier de l’IGPN, qui m’a demandé pourquoi je portais un blouson de moto, et aussi des gants, explique Serge Bourgin à Mediapart. Il a prétendu que j’avais une attitude agressive, alors que les images sont très claires. » L’un des journalistes témoins de la scène, Thibault Boulais, journaliste à TV Rennes, a déclaré avoir « vu Serge Bourgin se faire maltraiter entre deux voitures. Ils lui disaient : “On veut plus te voir.” ». « Lui ne les avait pas provoqués, a-t-il ajouté. Il ne disait trop rien. » Quatre mois après les faits, le syndicaliste n’a pas été confronté à son agresseur. Mais pour le parquet, l’agression d’un syndicaliste par un policier est sûrement moins grave qu’un tag dans le métro de Rennes.

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Notre-Dame-des-Landes : des milliers d’opposants à l’aéroport défient le gouvernement

LE MONDE | 09.10.2016 à 03h37 • Mis à jour le 09.10.2016 à 14h02 | Par Rémi Barroux et Yan Gauchard (Nantes, correspondant)

A l’évidence, les opposants au projet d’aéroport semblent avoir gagné leur pari d’une forte mobilisation, samedi 8 octobre, sur la ZAD, leur « zone à défendre ». Combien étaient-ils ? Plus de 40 000 selon eux, 12 800 selon la police dont l’hélicoptère a survolé toute la journée les petites routes, au sud de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

« Avec une journée comme celle-là, tous ces soutiens qui sont toujours là, les familles avec les poussettes, les jeunes, les vieux, on repart galvanisés », jubile Sylvain Fresneau, agriculteur et figure historique de la lutte. Seule ombre au tableau, l’agression contre leur voiture par des personnes cagoulées dénoncée par des journalistes de France 3. 

Après la consultation locale voulue par le président de la République, François Hollande, au cours de laquelle 55,17 % des votants se sont prononcés pour le transfert de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique vers la nouvelle plate-forme du Grand Ouest en juin, il s’agissait de vérifier si le mouvement de solidarité était toujours fort.

De leur côté, les pro-aéroport ont mis en rapport le nombre de participants à la manifestation et le nombre de voix en faveur du transfert : « les habitants de la Loire-Atlantique ont été 260 000 à dire oui à NDDL », tweetait l’organisation Des Ailes pour l’Ouest, qui dénonce un « déni de démocratie ».

« Ce dossier est une aberration »

Alors que le premier ministre, Manuel Valls, a promis l’évacuation de la zone en octobre ou à l’automne, ses adversaires ont donc orchestré une nouvelle démonstration de force.

« Ce dossier, c’est une aberration, le symbole de ce que l’on ne veut plus pour notre société, énonce Marc (qui n’a pas souhaité donner son nom), menuisier de 54 ans, venu de Saint-Dolay (Morbihan). Il s’agit de l’un des derniers projets des trente glorieuses, époque où on se fichait des questions d’énergie, de climat. Ce modèle-là est dépassé. »

Quelques jours plus tôt, la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, avait exprimé à nouveau son doute sur le projet, sur France 2. « L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été surdimensionné, sans doute pour des intérêts financiers, ou parce qu’il fallait justifier qu’il fallait déplacer cet aéroport. (…) Certains élus locaux ou lobbys se sont obstinés. On aurait dû prendre le temps de bien écouter ce qui se passait », a-t-elle notamment déclaré.

Les manifestants ont planté dans la terre du bocage les bâtons que les organisateurs leur avaient demandé d’apporter, pour un « chant du bâton », faisant le serment de venir le reprendre en cas d’irruption des gendarmes mobiles sur la ZAD.

Pour les plus anciens, habitués des manifestations contre l’aéroport, cela ne fait aucun doute, il y aura affrontement. « Notre-Dame-des-Landes, cela reste un combat qu’ils ne veulent pas perdre et que nous, nous voulons gagner », résume Sylvain Fresneau.

Du Larzac à Notre-Dame-des-Landes

Christian Roqueirol, éleveur de brebis venu avec une trentaine d’agriculteurs du Larzac, dans l’Aveyron, voit dans la lutte de Notre-Dame-des-Landes, « beaucoup de similitudes » avec son combat des années 1970.

« C’est une lutte paysanne contre un projet inutile, mais nous n’étions qu’une dizaine de squatters dans le Larzac au début, alors que là ils sont des centaines avec des dizaines de milliers de soutiens dans tout le pays, dit cet ancien responsable de la Confédération paysanne de 62 ans. Je pense qu’ils vont gagner, je ne vois pas comment le gouvernement peut les évacuer. Mitterrand avait compris et arrêté les projets d’extension du camp militaire du Larzac et de la centrale nucléaire de Plogoff [Finistère]. »

Agriculteur et responsable du réseau COPAIN 44 (Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport), Vincent Delabouglisse témoigne aussi de la forte mobilisation paysanne contre le projet d’aéroport et veut croire qu’il ne se fera pas.

« Il y aura une telle opposition en France que même s’ils arrivaient à vider la ZAD, ils ne pourraient pas tenir le terrain longtemps. Nous, on le connaît par cœur, tous les recoins, les chemins, on reconstruira toujours », dit ce responsable agricole qui promet deux cents tracteurs sur la zone dans l’heure qui suivrait l’intervention et plusieurs centaines de tracteurs pour bloquer des cibles dans tout le pays. « Tout est organisé, tout le monde sait déjà ce qu’il aura à faire », ajoute sereinement Vincent Delabouglisse.

« Droit de retrait »

Les syndicalistes CGT du groupe Vinci et ceux de l’aéroport de Nantes Atlantique savent aussi ce qu’ils feront en cas d’intervention et l’ont annoncé sous les applaudissements du public. « Nous nous préparons à bloquer l’aéroport s’ils viennent ici sur la ZAD », explique ainsi Tristan Leroy, responsable cégétiste. Francis Lemasson, de la CGT Vinci, prévient lui aussi : « Nous appelons tous les salariés qui seraient appelés à travailler sur le chantier à faire valoir leur droit de retrait, car ils seraient en danger, obligés de travailler sous la protection des gendarmes. »

Sur le stand du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport, Françoise Verchère, la porte-parole, rencontre un vif succès. Elle explique à l’assistance comment envoyer des questions sur le Schéma de cohérence territoriale de la métropole Nantes Saint-Nazaire (SCOT), celui-là même qui doit permettre de répondre aux mises en demeure européennes, sur la présentation au public des impacts cumulés des différents projets, aéroport, dessertes, réseau ferré, etc. Parmi les questions : « Comment peut-on parler de bilan carbone neutre pour l’aéroport, où est le calcul précis ? » ; « Où plante-t-on les 100 000 arbres cités p. 48 [du document] ? »… »

Plus tard, dans la soirée, des milliers de personnes faisaient la fête sur la zone. Les zadistes ont demandé à un maximum de personnes de rester dimanche pour construire de nouvelles infrastructures pour renforcer les capacités d’accueil en cas de tentative d’évacuation de la zone par les gendarmes. Une hypothèse qui reste bien présente dans l’esprit des anti-aéroport.

Yan Gauchard (Nantes, correspondant)
Journaliste au Mond

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— On ne va pas tranquillement attendre notre tour ! — Appel du COMITéZAD de Rennes (octobre 2016)

On ne va pas tranquillement attendre
notre tour ! —

Appel du COMITéZAD de Rennes

Il y a différents territoires dont l’État Français ne peut tolérer l’existence sur son sol. Il s’agit de ces « zones de non-droit » où des humains vivent sans être répertoriés sur leurs registres. Zones où l’on se réfugie, où l’on échappe à la police et au béton. Zones qui sont un défi à leurs frontières et leurs projet d’aménagement du territoire. Zones où quelque chose existe qui n’est pas sous contrôle de l’État.

La « jungle » de Calais, la « zad » de NddL. Il peut paraître indécent de les mettre sur le même plan, de comparer le sort de leurs habitants respectifs. Ici n’est pas notre propos.

Ce que nous observons, c’est qu’aux yeux des administrateurs de l’ordre des choses, ces deux zones présentent un point commun immédiat : toutes les deux sont à expulser de toute urgence. Quelques sombres calculs inavouables semblent avoir placé l’expulsion de la « jungle » de Calais en position prioritaire — nous devinons quel électorat il s’agit de séduire. Si bien que la « zad » de NddL semblerait bénéficier d’un sursis inespéré… Maigre consolation.

Le gouvernement met un point d’honneur à expulser ces deux zones qui le mettent face à son impuissance et à l’aberration de sa politique. Que ce soit sur le plan migratoire ou écologique elle apparaît pour ce qu’elle est : une fantastique et terrifiante fuite en avant. Aucune rationalité, aucun humanisme ne justifient ces expulsions. Rien d’autre que le plus vil cynisme : le profit à court terme.

Mais en ces temps d’état d’urgence les ressources en forces policières sont bien épuisées, et ne peuvent assumer les deux interventions de front. Ils ont fait leur choix. D’abord Calais.

Nous n’allons pas rester les bras ballants et profiter de ce petit répit. Nous ne sommes pas des politiciens. Nous ne faisons pas de petits calculs cyniques sur la misère des autres.

Les flics sont usés, continuons le boulot. Le comité Zad de Rennes appelle à des actions décentralisées dans toutes nos villes, le jour même où ils reprennent les opérations d’expulsion. Que ce soit à la « Zad » ou à Calais ! Qu’ils sachent qu’ils auront à mobiliser deux fois plus d’effectifs s’ils espèrent encore pouvoir garder leur monde sous contrôle. Ceci est une menace.

Ceci est un appel. Soyons solidaires. Soyons conséquents.

Contre l’Aéroport
et son monde de frontières,
résolument !

A Rennes : Rdv manif 18h30 place Sainte Anne

le jour où ils commencent des opérations d’expulsion

à Calais ou NddL

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